đź’ˇQui sont-ils ?
Un MNA, Mineur Non Accompagné, est le terme utilisé pour désigner un ressortissant d’un pays tiers à l’Union Européenne âgé de moins de dix-huit ans qui entre sur le territoire des États membres sans être accompagné d’un adulte responsable de lui (Directive 2011/95/UE).
La situation des MNA est complexe, combinant les aspects de migrant et de mineur sans autorité parentale. Leur isolement de toute forme d’autorité parentale ou apparentée les rend particulièrement vulnérables.
La loi du 14 mars 2016, relative à la protection de l’enfance, renforcée par celle du 7 février 2022, a donné un fondement légal à la répartition des MNA entre départements et leur garantit des droits équivalents à ceux des autres enfants présents sur le territoire.
Une fois reconnus mineurs, ils sont donc droit à un hébergement et une prise en charge sur les plans de la santé, l’accès à la scolarité etc.., à tout le système de protection des mineurs.
En 2022, 14 782 Mineurs non accompagnĂ©s ont Ă©tĂ© recensĂ©es par la Mission MNA (MMNA) de la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) pour toute la France, originaires principalement d’Afrique Subsaharienne et, Ă plus de 90%, des garçons. L’Occitanie en a accueilli 1 373 au cours de la mĂŞme annĂ©e, dont 17 seulement ont Ă©tĂ© confiĂ©s au DĂ©partement de la Lozère, provenant principalement de GuinĂ©e, CĂ´te d’Ivoire, Bangladesh, LibĂ©ria et BĂ©nin.
(Source : Les MNA en Occitanie, étude du CARIF-OREF en 2024 https://www.cariforefoccitanie.fr/content/uploads/2024/12/Obs_PEE_MNA.pdf).
✒️L’apprentissage du français
On pourrait s’attendre à ce que la plupart des MNA originaires d’anciennes colonies françaises en Afrique soient francophones, mais ce n’est en réalité pas souvent le cas, car bon nombre sont issus de milieux ruraux et non pas ou très peu été scolarisés dans leur enfance. C’est leur langue maternelle qui était parlée à la maison et ils n’ont eu que peu d’occasions d’exposition à la langue française.
Si, une fois en France, l’immersion francophone quotidienne leur permet en quelques mois de maîtriser les bases du français oral, l’acquisition de la lecture / écriture reste problématique pour ceux qui, au départ, sont analphabètes. Les effectifs en Lozère, on l’a vu, sont minimes et ne permettent pas l’ouverture de classe spécifiques type UPE2A (FLE) à plein temps au sein des collèges. Les principaux collèges concernés disposent de quelques heures par semaine (de 3h à 12h selon les établissements) avec des enseignants spécialisés en FLE (Français Langue Etrangère), et le CFA à Mende offre la possibilité de bénéficier d’une année supplémentaire pour préparer un CAP, avec des heures de FLE la première année. Mais ces moyens restent en pratique insuffisants pour pallier aux problématiques d’analphabétisme de certains MNA.
🎯 L’accompagnement des MNA en Lozère
Les MNA confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) du Département de la Lozère sont pour la plupart hébergés dans des foyers dédiés, comme le Lieu de Vie et d’Accueil (LVA) « Les Pelloux » à St Martin de Lansuscle (disposant d’une annexe à Mende pour les jeunes au CFA) ou la MECS (Maison d’Enfants à Caractère Social) « Le Sentier » au Bleymard, plus rarement en famille d’accueil. En fonction de leur âge et après évaluation par le CIO (Centre d’Information et d’Orientation de l’Education Nationale), ils sont scolarisés au collège de secteur puis en classe de 3e prépa métiers à Mende ou au CFA pour un apprentissage, avec possibilité de préparer leur CAP en 3 ans afin de bénéficier de cours de FLE la première année. Au-delà de 18 ans et jusqu’à 21 ans, ils peuvent continuer à bénéficier d’un accompagnement ASE, par exemple au travers du SAVA (Service d’Accompagnement à la Vie Autonome).
🔎Zoom sur une structure d’accueil :  la MECS « Le Sentier » au Bleymard.
Le Bleymard est une petite commune sur le versant Nord du Mont Lozère. Cette structure de l’ASE dédiée aux MNA, située en plein cœur du village, à quelques minutes à pied du collège, peut accueillir jusqu’à 20 MNA. L’équipe éducative est constituée d’un directeur, un chef de service, 6 éducateurs/trices qui travaillent par roulement de 2 ou 3, une psychologue, un éducateur technique/cuisinier, un formateur FLE. Les 12 à 14 jeunes accueillis actuellement sont scolarisés soit au collège du village, soit en 3e prépa métiers ou au CFA à Mende. Pour les accompagnants, l’enjeu est d’arriver à faire du lien et instaurer un climat de confiance avec les jeunes. Il faut « trouver les bons mots, adapter son langage, expliciter le tu et le vous… », accompagner les problèmes psychologiques dus au parcours d’exil qui se rajoutent parfois aux difficultés d’apprentissage. Le formateur FLE accueille les jeunes en petits groupes les soirs et le mercredi après-midi, afin de renforcer la maîtrise du français. Les jeunes interrogés disent trouver le français difficile, à cause des articles (le ou la ?), la prononciation, les nombreux homonymes…
👉 Le rôle du CRIA
Le CRIA 48 intervient auprès des structures d’accueil de MNA à plusieurs niveaux : d’une part et si besoin, pour sensibiliser les équipes éducatives aux spécificités de leur public par rapport à la langue française (différence illettrisme/analphabétisme et remédiations adaptées, ressources pédagogiques disponibles, propositions alternatives par le jeu…) en intervenant par exemple dans le cadre d’une réunion d’équipe.
D’autre part, pour apporter un outillage pédagogique sur mesure en fonction des besoins, que ce soit par un prêt d’ouvrages ou jeux permettant l’apprentissage et la pratique du français, ou par un accompagnement/conseil adapté, ou la proposition de formations…
Enfin, en communicant sur la cartographie de l’offre de formation FLE / Savoirs de base sur le territoire, afin de trouver les bons relais pour les jeunes majeurs passés au SAVA et en route vers l’autonomie…